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LES + DU BLOG : LA CASTAFIORE 4/5

28 juin 2006 |

IRMA ET LA CASTAFIORE

Enfant de la balle, Charlotte Gigot est issue d’une lignée de saltimbanques savoyards absolument remarquables. Fille adultérine du célèbre pétomane Gigot, et d’Amélie Louteboup, femme à barbe, elle est élevée par sa grand-mère qui était dompteuse de puces. Dans cette famille, on compte encore un grand oncle homme-tronc, et les tantes Andrée et Marcelle, siamoises fildeféristes.
Son père souhaitait qu’elle prenne sa succession, mais Charlotte, ayant eu vent de ce projet qui l’horrifie, joue les filles de l’air et fugue avec une troupe de music-hall ambulante. Et la voici qui se retrouve souffleuse, une bonne façon d’apprendre le métier.


Elle ne tarde pas à monter sur les planches, d’abord en tant que figurante-danseuse-choriste. Remarquée par un impresario parisien, elle est engagée pour chanter dans divers cabarets de la capitale où elle excelle dans un répertoire nourri de chansons de la tradition néo-réaliste. Juste avant que son père ne rende son dernier soupir, elle se réconcilie avec lui.
Le pétomane Gigot peut partir l’âme en pet.

Comment Charlotte est-elle entrée au service de la Castafiore ? Exactement le 30 septembre 1956, à 23 heures. L’année de la fameuse « Affaire Tournesol », où, dans une loge de l’Opéra de Szohod, on découvre la camériste aux côtés de la Diva. Cette date n’est pas un hasard ! Le 30 septembre 1956 est en effet la date de création de la comédie musicale Irma la douce (musique de Marguerite Monnot et livret d’Alexandre Breffort).
Lors des auditions qui précèdent les premières représentations, Charlotte Gigot fait forte impression sur Marguerite Monnot. Sa gouaille, son allant, son aisance dans les airs majeurs de cette opérette, font d’elle l’interprète idéal du rôle d’Irma. Elle est engagée ! Pour fêter ça, Irma invite ses amis à une « raclette-partie ». Un stupide accident vient hélas mettre fin au conte de fées. Sans attendre que le fromage fondu ait refroidi sur la pomme de terre encore bouillante dont elle l’a nappée, Charlotte se brûle horriblement le palais et la gorge. Les rasades de vin de Savoie qu’on lui fait ingurgiter de force, ne font qu’attiser l’incendie. Aux urgences, le diagnostique est sans appel : le larynx et les cordes vocales sont irrémédiablement abîmés. Charlotte, qui allait enfin connaître la consécration, doit renoncer à jamais à la chanson.
C’est à Colette Renard qu’est confié le rôle d’Irma la douce. Courageusement, Charlotte accepte le poste d’habilleuse que lui propose sa remplaçante. Mais le soir de la première, au Théâtre Daunou, elle ne peut supporter d’être ainsi reléguée dans l’ombre. Elle fait une tentative de suicide en sautant sur la scène du haut des cintres. Heureusement, elle rebondit sur le store du bistrot qui sert de décor au premier tableau. Un vigoureux pompier de service la réceptionne.
L’incident, mis sur le compte d’une mise en scène audacieuse, est applaudi à tout rompre. Bouleversée, Colette Renard persuade Charlotte de renoncer à ses noirs desseins. Le soir même, elle la présente à son amie Bianca Castafiore qui l’engage sur-le-champ avant de repartir pour la Bordurie. En souvenir de cette gloire un instant frôlée, Charlotte se fait désormais appeler Irma.

SUITE : Hergé et la Castafiore

La Castafiore, biographie non-autorisée, d’Albert Algoud. Chiflet & Cie, 10 euros.
© Chiflet & Cie


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