Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 20, 2017

Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Les Esclaves oubliés de Tromelin

29 juin 2015 |
SERIE
Les Esclaves oubliés de Tromelin
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
20.5 €
DATE DE SORTIE
24/04/2015
EAN
2800150386
Achat :

1761. L’Utile, navire de la Compagnie des Indes, assurant le transport d’esclaves venus de Madagascar dans le cadre du commerce triangulaire, s’échoue au large des côtes africaines, sur l’île de Sable ou île de Tromelin, petit bout de terre au dénuement le plus total. À son bord, 80 esclaves et une poignée de membres d’équipage. Au bout de quelques semaines, à force d’un travail commun, un navire de fortune est construit. Seuls les blancs repartent.

De nos jours. Sylvain Savoia, auteur belge de la série Marzi, accompagne une équipe menée par Max Guérout, archéologue, sur cet ilôt perdu. Objectif : retracer la vie de ces oubliés qui, malgré l’absence quasi-totale de ressources, ont su recréer une communauté avec ses habitudes, avec ses rites.

esclaves_tromelin_imageD’une ambition rare dans la production dessinée historique, Les Esclaves oubliés de Tromelin retrace avec une minutie remarquable l’esprit de quête de l’équipe de recherches à laquelle Sylvain Savoia se greffe non sans une certaine émotion. Loin du mythe d’Indiana Jones, ces hommes, dans un milieu pour le moins aride et âpre, tentent de reconstituer avec toute la rigueur scientifique requise, la vie de ces oubliés. L’auteur se laisse peu à peu happer par le souvenir de ces êtres et, avec son trait, retranscrit cette histoire tragique, faisant ressortir une autre facette de l’abominable traite des êtres humains.

Sylvain Savoia raconte le naufrage de L’Utile, la survie sur l’île, imagine les doutes et espoirs des oubliés, alternant ce récit avec le journal de son aventure personnelle au sein de l’équipe scientifique. Carnet de bord ? Reportage dessiné ? Certainement un mélange des deux, tant l’auteur tente de retranscrire précisément les étapes des recherches en y mêlant ses propres réflexions, ses propres sentiments. À chaque récit son style : souffle épique et tableaux ambitieux pour la vie des naufragés, croquis colorés de petite taille pour le journal intime. La collection Aire Libre de Dupuis se prête magnifiquement à ce type de projet. Sylvain Savoia s’impose, à travers cet ouvrage plein d’humanisme, comme un auteur majeur de la bande dessinée franco-belge à laquelle il donne certainement un souffle nouveau.

 

Publiez un commentaire