Mary Anning
Qui se souvient de Mary Anning ? Hélas, pas grand monde. Aperçue dans Nos mondes perdus de Marion Montaigne, cette pionnière de la paléontologie est joliment mise en avant dans cette biographie sobre et documentée, qui brosse autant le portrait complexe d’une femme engagée, que les errances scientifiques et politiques d’une époque.
On est au début du XIXe siècle, et Mary creuse la roche des falaises de la petite cité balnéaire de Lyme Regis, en Angleterre. Elle y trouve nombre de fossiles d’ammonites, qu’elle monnaye comme souvenirs aux gens de passage. Mais elle va bientôt mettre au jour des fossiles inédits, par leur taille, leur conservation et, surtout, leur espèce : elle a découvert des animaux inconnus, qu’on appellera bientôt les dinosaures. Hélas, dans la société de l’époque, il n’est pas question que cette roturière rivalise avec les scientifiques officiels : ses avancées remarquables ne seront qu’à peine reconnues de son vivant.
C’est ainsi l’itinéraire d’une femme en lutte contre l’ordre établi que Kapik dépeint ici. Une fille du peuple contre la noblesse qui s’accapare la recherche scientifique. Une célibataire contre les traditions patriarcales. Une scientifique rigoureuse prêt à remettre en question les dogmes religieux sur la création du monde. Au fil des pages, le combat de cette paléontologue autodidacte est aussi touchant que ses découvertes sont fascinantes. S’il est un parfois un peu linéaire et répétitif, écueil d’un trop plein d’informations à délivrer, l’album demeure intéressant et agréable, notamment grâce à la douceur des ambiances posées par Julie Bouvot. Une bio féministe et inspirante.





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