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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 17, 2017

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Poison City #1

17 mars 2015 |
SERIE
Poison City
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
7.90 €
DATE DE SORTIE
12/03/2015
EAN
235592791X
Achat :

Mangaka atypique, Tetsuya Tsutsui (Prophecy) s’est fait repérer en publiant ses planches sur Internet. Ouvert, connecté, il a toujours su capter l’air du temps et Duds Hunt (2002), déjà, précédait la vague de récits de survie urbaine qui inonde aujourd’hui l’archipel. Avec Poison City, il signe un pamphlet contre les mesures liberticides, directement développé avec les éditions Ki-oon.

Poison_City_1_caseJunji Itô nous en parlait : même au sein d’un genre extrême comme l’horreur, il n’existe pas de pleine liberté dans les circuits principaux du manga et, de manière préventive, les artistes peuvent tuer des idées dans l’œuf – quand elles ne sont pas refusées par l’éditeur. La censure, Tetsuya Tsutsui la connaît bien : accusé d’être « susceptible de réveiller des pulsions meurtrières chez les jeunes », son thriller horrifique Manhole a été interdit dans les librairies et les bibliothèques du département de Nagasaki. Dans Poison City, l’auteur imagine un futur proche où le Japon, à l’aube des Jeux Olympiques de 2020, connait un élan de puritanisme afin de se présenter sous un jour « assaini ». Tous les modes d’expression sont victimes de restrictions et les mouvements de vigilance citoyenne se multiplient. C’est dans ce contexte que Mikio Hibino, jeune dessinateur sans grand succès, se lance dans la création d’un manga d’horreur réaliste, Dark Walker, quitte à accepter quelques concessions – remplacer les humains par des zombies, etc. C’était sans prévoir la réaction d’un lecteur influent qui fera l’effet d’une bombe…

Organisé sous forme de récit à tiroirs, où les planches de Dark Walker – dont nous découvrons l’évolution au fur et à mesure des directives du responsable éditorial – s’intercalent entre deux séquences du quotidien de Mikio Hibino, Poison City est absolument passionnant. Si la forme est efficace, portée par un dessin fin et lumineux, nous retiendrons surtout le fond : une prise de position réfléchie, documentée, sur la liberté d’expression et l’envers de la création de manga. Comme une sorte de Bakuman pour adultes, finalement, mélangé à un thriller addictif. En attendant le second et dernier tome, voici d’ores et déjà un indispensable de 2015 !

NB : Poison City existe en deux versions – standard (7.90€) et Latitudes (grand format, 15€).

© 2014 Tetsuya Tsutsui / Ki-oon

Poison_City_1_planche

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