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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 10, 2016

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Premiers résultats des Etats Généraux de la BD : qui sont les auteurs ?

1 février 2016 |

egbd_uneLa 43e édition du Festival d’Angoulême a été marquée par de belles expos, mais aussi deux regrettables polémiques, sur la place des femmes parmi les nommés au Grand Prix, et la cérémonie de remise des prix —au cours d’une trop longue blague ratée, involontairement cruelle pour les concernés, son animateur y décerna des « faux fauves » à des albums en compétition. On notera, parmi les faits notables qui s’y sont déroulés, les compte-rendus des Etats généraux de la bande dessinée. Leur président Benoît Peeters et leur secrétaire Denis Bajram se sont réjouis du fort taux de réponse au questionnaire envoyé aux auteurs: « sur 3000 en activité (en comptant les amateurs), 1500 ont répondu ». Parmi eux, 27% de femmes — un taux plus haut que celui de 12,4% relevé par le rapport Ratier de l’ACBD, car le mode de calcul est différent, ici plus large.

En moyenne, l’auteur de BD est jeune : si c’est une femme, elle est âgée de 34 ans ; si c’est un homme, il affiche 41 printemps. Il se définit à 62% comme un « auteur », à 15% comme un « artiste », à 10% comme un artisan. Dans 53% des cas, c’est un « professionnel précaire » ; seuls 32% se jugent « installés ». 85% des sondés sont français, 24% vivent en Ile-de-France, et 11% seulement à Paris (la faute aux loyers trop élevés ?). La plupart sont issus de milieux plutôt favorisés, et ont, à 52%, suivi des études supérieures d’art. 72% travaillent à domicile, 11% en atelier. Et 55% des « professionnels installés » exercent un emploi parallèle.

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Concernant leur activité éditoriale, 27% ont publié entre 4 et 10 albums, 17% entre 11 et 20. 36% collaborent avec un éditeur unique, 27% en ont deux. La palme revient à Delcourt (16%), talonné par Glénat (15%), suivi par Casterman (9,4%), Soleil (8,5%), Dargaud (8,3%) et Dupuis (7,6%). Dans les faits, « tout le monde fait un peu de tout » : 67% des auteurs réalisent le scénario et le storyboard, 79% le dessin, 65% les couleurs, 70% la couverture, 65% le lettrage, 59% les scans des originaux (une tâche autrefois dévolue à l’éditeur), 24% la maquette. 14% dessinent intégralement en numérique. En moyenne, ils touchent 8,6% de droits d’auteur.

Economiquement, la situation n’est pas rose. 32% des hommes et 50% des femmes sont sous le seuil de pauvreté, 48% des hommes et 67% des femmes gagnent l’équivalent d’un SMIC annuel brut. La réforme du RAAP actuellement en cours, qui va rendre obligatoire la cotisation à un régime de retraite complémentaire, risque de durement impacter certains. Benoît Peeters décrit « une profession fragile et qui tente de s’auto-suffire », peu prompte à demander des aides sociales.

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Quid de ce que ressentent les auteurs ? 48% disent avoir de bonnes relations avec leur éditeur, 27% les jugent moyennes, et 20% très bonnes. 74% pensent qu’il y a une surproduction d’albums… 41% pensent que leur situation se dégrade, et 66% craignent que cela arrive. 67% d’entre eux pensent que la BD a un avenir économique en tant que livre papier.

Cette passionnante étude quantitative est augmentée de deux cahiers de doléances : l’un du Syndicat des auteurs de BD (SNAC), qui prône de meilleures relations contractuelles avec les éditeurs et réclame une amélioration du dialogue social ; l’autre du Collectif des créatrices de BD contre le sexisme, qui souhaiterait une étude plus fine de la situation des autrices. Pour affiner davantage les données recueillies, les EGBD vont prochainement mener de grands entretiens avec des auteurs, et recueillir des données auprès d’éditeurs et libraires.

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