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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | March 25, 2017















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Tu sais ce qu’on raconte

8 février 2017 |
SERIE
Tu sais ce qu'on raconte
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
15 €
DATE DE SORTIE
25/01/2017
EAN
236535257X
Achat :

Le môme Gabory, une énigme pour les habitants du village. Hier, au bar le Marly, Bernard lui aurait servi un café. Des années qu’on ne l’a plus vu, lui et sa famille. Une mère atteinte de folie, une sœur disparue et un père en fuite. Taiseux et meurtrier pour certains, souriant et gentil pour d’autres, Gabory mobilise toute l’attention du village et ne cesse d’alimenter les ragots. Car tous gardent en mémoire ce terrible accident de la circulation et la mort d’une « gamine de vingt piges… ». Un passé qu’on voudrait enterrer. Pour toujours.

tu_saisEntre les bobards, les racontars et les non-dits, c’est au lecteur d’imaginer, au-delà de la mauvaise réputation, qui était Gabory, sa vie, son rôle dans l’accident et la nature de ses relations avec le boulanger ou la secrétaire du coin. Un accident louche, des « on dit que », des silences et de l’argent, les versions du passé pullulent. On découvre peu à peu les indices sans tout à fait percer le mystère, le lecteur épousant le regard du témoin omniscient ou de l’enquêteur bombardé d’infos contradictoires. La vox populi aura-t-elle raison du mystérieux Gabory ?

Avec ses airs de thriller local, le procédé est ultra efficace. Vue à travers les commérages d’une faune bigarrée – des cyclistes réac, un médecin muet comme une tombe, un soûlard, des lâches et des notables – l’histoire de Gilles Rochier (TMLP, La Cicatrice) tient en haleine sans faiblir, grâce aussi au dessin plaisant de Daniel Casanave (L’Univers, Flaubert, Romantica…) et des choix de narration idoines : de grandes cases, quelques pleines pages et un texte nerveux aux dialogues incisifs. C’est là la grande force de cet album, qu’on ne lâche pas jusqu’à la dernière page. Dans cette atmosphère de fait divers provincial réactivé par la présence importune de Gabory, les scènes défilent et les mini-portraits s’enchaînent jusqu’à l’étourdissant final. Une jolie chronique de la rumeur, qui s’impose comme un exercice de style à l’efficacité redoutable.

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