Tunnels
La route des vacances semble toujours interminable pour les enfants – qui s’ennuient – et les parents – qui doivent supporter les soupirs et les disputes des mômes. C’est le cas pour la petite Samantha, ses sœurs (une toute petite et une grande), et maman et papa embarqués sur l’autoroute : passé le tunnel, plus de panneau routier, plus de sortie ni d’aire de repos, ni même de réseau. Juste la route, dans un beau décor montagneux qu’ils ne reconnaissent pas. Puis arrivent les voitures, des bolides trafiqués et débridés, lancés dans une course à la vitesse et à la mort. Pourquoi ? Comment ? Peu importe. Il faut rouler pour survire.
Michaël Sanlaville (Banana Sioule, Lastman, San Antonio…) propose ici un superbe exercice de style en même temps qu’un bonbon de fiction de divertissement. Un véritable blockbuster sans autre ambition que d’en mettre plein la vue, grâce à un trait puissant, un découpage d’une rare précision et des cadrages soignés. Le tout au service d’un scénario sans temps mort, absurde et sans résolution, mais convaincant car sans compromis. Très à l’aise autant dans le huis-clos de l’habitable (une prouesse en soi) que dans les spectaculaires séquences sur l’asphalte, Michaël Sanlaville s’est construit un bac à sable réjouissant, et tant pis si les personnages ne sont finalement qu’esquissés : ils sont là pour jouer, aux petites voitures et aux grandes sensations, avec le lecteur et ils le font terriblement bien.





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