Twisted Tale – Profondeurs de l’Océan / Il était un rêve
Si le remake en live action est la nouvelle poule aux (aléatoires) œufs d’or de Disney, tout le monde s’accorde pour dénoncer la qualité parfois très relative des scénarios associés. Entre copie servile (Vaiana), réinterprétation parfois ingénieuse (Maléfique) ou complètement ratée (Blanche Neige), ces versions ciné des célèbres contes de notre enfance peinent le plus souvent à convaincre le grand public en salle. Et pourtant, des idées futées, la firme américaine n’en manque pas pour sa collection manga Twisted Tale ! Il y a en effet de quoi alimenter des dizaines de blockbusters audacieux. Mais voilà, à 200 millions de dollars le film, il est difficile de prendre des risques. Alors la maison aux grandes oreilles reste dans un consensuel commercial et trop sage, qui, comble de l’ironie, échoue 3 fois sur 5 en salles !
En attendant mieux, les récits de Twisted Tale se contentent d’un simple support papier, mais de grande qualité. On constate la forme très soignée de l’édition française aux couvertures exclusives, et une densité de lecture énorme étalée sur plus de 400 pages ! Avant tout destinés à un jeune public, ces histoires sont ainsi très généreuses en coups de théâtres, et surtout en concepts originaux alléchants.
Profondeurs de l’Océan est une version alternative de La Petite Sirène, où la sorcière a réussi à se marier avec le prince Eric. Arielle la sirène est devenue une reine détestée par sa famille, qui l’accuse d’avoir laissé tuer son père. La sorcière veut étendre désormais sa domination sur tout le continent terrestre et seule Arielle peut l’en empêcher. Mais en a-t-elle encore la volonté ?
Dans Il était un rêve, nous sommes au moment du fameux baiser qui doit réveiller la Belle au Bois Dormant. Mais celle-ci reste coincé dans ses songes, autrement dit un monde virtuel créé par la sorcière Maléfique ! Tel Neo dans Matrix, Aurore doit errer dans des méandres cauchemardesques et affronter ses propres doutes et son désespoir, jusqu’à ce que le prince la rejoigne dans sa quête de retour à la réalité…
Il y a donc de quoi pester sur ces occasions manquées de porter de tels concepts sur grand écran, là ou Warner et DC comics ont réussi avec leurs séries de longs métrages animés (d’ailleurs souvent bien plus intéressants que leurs homologues en live action). Il nous reste donc de jolis ouvrages, qui ne sont pas des mangas japonais, mais italiens. Les dessins de Camilla Innocenti et Rossela Gentile imitent le style académique nippon avec une certaine efficacité dans la narration, et une petit patte vintage collant parfaitement aux univers de référence. On pourra parfois reprocher à leurs adaptations un ton parfois un peu naïf, un étalage de bons sentiments (mais sincères), quelques facilités de scénario, mais le tout se lit vraiment facilement et on est amusé, voire fasciné, de revoir les fameux classiques Disney revisités de façon aussi ingénieuse et généreuse.
Kara
Traduction : Laurent Laget et Fabien Dautriche
© Disney





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