Archive pour février 2008

Alain Finkielkraut

Mercredi 27 février 2008

Lettre ouverte Ă  Alain Finkielkraut

Les propos d’Alain Finkielkraut ne méritaient pas de réponse. Pourquoi en effet accorder de l’attention à ce philosophe et producteur chez France-Culture qui considère encore les bandes dessinées comme étant des « illustrés » ? Pourquoi  réagir quand il déclare : « Quand on me raconte une histoire, j’ai besoin qu’on me donne à penser, qu’on me donne l’envie d’interrompre ma lecture et de lever la tête, pas qu’on dessine pour moi les héros. » ? Parce que ces paroles ont eu de l’audience. Elles ont été publiées dans Libération du 26 janvier et réitérées à l’antenne de France Inter. Il n’y a pas de raison de laisser dire. L’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée, par le biais de son président Jean-Christophe Ogier, a rédigé un texte en réaction. Libération n’a pas souhaité le publier pour l’instant. A nous de le faire circuler.

« Lettre ouverte Ă  Alain Finkielkraut et Ă  ceux qui ont encore besoin qu’on leur explique la bande dessinĂ©e

Cette rĂ©ponse a Ă©tĂ© rĂ©digĂ©e le lendemain du festival d’AngoulĂŞme le 28 janvier 2008. LibĂ©ration n’a, pour l’heure, pas jugĂ© utile de la diffuser.

Quand Alain Finkielkraut dit « Quand on me raconte une histoire, j’ai besoin qu’on me donne Ă  penser, qu’on me donne l’envie d’interrompre ma lecture et de lever la tĂŞte », sait-il qu’il dit lĂ  exactement les mots qui dĂ©finissent la manière dont un lecteur se saisit d’une bande dessinĂ©e ? Non, sans aucun doute, non. Si tel Ă©tait le cas, le philosophe n’ajouterait pas comme il le fit dans l’entretien accordĂ© Ă  LibĂ©ration, le week-end mĂŞme oĂą se tenait le Festival International de la Bande dessinĂ©e d’AngoulĂŞme. « La beautĂ© des livres, c’est qu’ils sont sans images et qu’ils offrent ainsi libre carrière Ă  l’imagination.

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Chez votre libraire à partir du 27 février

Mercredi 27 février 2008
Qui ?
Quoi ?
Quand ?
Combien ?
OĂą ?

Béhé, Myer
et Giroud

Le Légataire
#3

27-févr

13 €

Glénat

Ersel et
Ruellan

Les Derniers
jours de la
Géhenne #3

27-févr

12,50 €

Glénat

Cadelo et
Boisserie

Libéra #2

27-févr

12,50 €

Glénat

Beno et
Perrotin

L’Autre Terre
#1

27-févr

12,90 €

Soleil

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Le blog du mois : Boulet

Lundi 25 février 2008

 

Depuis 2004, il distille ses humeurs plusieurs fois par semaine sur le net. Boulet, auteur de Raghnarok et dessinateur de Donjon Zénith, attire les lecteurs avec une autofiction décalée, dont l’humour fait mouche.

Boulet, le blog qui vous enchaîne

En juin, 30 000 personnes se sont connectées quotidiennement sur son blog. Pas pour consulter la météo ou les cours de la bourse, mais pour profiter de ses notes mordantes, dans lesquelles il se met en scène avec une ironie parfois délibérément mégalo, paradoxalement toujours empreinte de modestie. Gilles Roussel alias Boulet, 32 ans, officie sur Internet depuis juillet 2004. Il est entre autres l’auteur de la série Raghnarok (Glénat), le scénariste du Vœu de Simon (La Boîte à bulles) ou le dessinateur des épisodes 5 et 6 de Donjon Zénith (Delcourt). Lancé en juillet 2004, son espace virtuel ressemble à un joyeux défouloir humoristique, où il raconte la vie (réelle ou fantasmée) d’un grand escogriffe rouquin, auteur de bandes dessinées. Toute ressemblance avec une personne existante n’étant pas forcément fortuite… Au fil de planches en noir et blanc ou en couleur, qui mélangent dessin traditionnel et numérique, on l’y voit courir les festivals de BD, avoir un « accident de vaisselle » (avec une râpe à légumes), éprouver des difficultés à tenir les délais imposés par son éditeur, s’énerver dans le métro contre un « jeune nuisible à walkman »…

Parfois mélancolique – quand il décrit l’insondable ennui d’un jour de pluie –, Boulet sait aussi se faire grinçant : il n’hésite pas à décrire les auteurs de BD comme des frustrés, avides de revanche. Son imagination fonctionne à plein : il raconte régulièrement ses rêves ou songes éveillés, faisant surgir dragons, dinosaures et autres bestioles du passé. Si l’auteur n’a pas souhaité répondre à nos questions (par lassitude de devoir parler de son blog plutôt que de ses albums, une position explicitée par l’extrait de note publiée ci-dessus), il précise ses intentions dans la foire aux questions de son site. « Mon but est de raconter des histoires, pas de tenir un journal intime. Je ne dévoile jamais d’aspects importants de ma vie privée, qui ne regarde que moi. » Habillé de couleurs gaies et habité par de mignons personnages couineurs – gare aux réactions de vos collègues si vous surfez au bureau avec haut-parleurs allumés… –, le blog de Boulet devient rapidement addictif. Un bon réflexe matutinal pour commencer la journée le sourire aAvec le succès, pouvez-vous désux lèvres, avec un zeste de mauvais esprit dans la tête.

 
LAURENCE LE SAUX

Images © Boulet

Note mise en ligne le 15 novembre 2007

 

 

Les + du blog : Manu Larcenet

Vendredi 22 février 2008

 

Manu Larcenet n’aime pas répondre aux interviews. Mais quand il finit par accepter, il se livre suffisamment pour nourrir non seulement une interview de quatre pages dans BoDoï 116 mais aussi un supplément web ! Retour sur le dernier tome du Combat ordinaire (à paraître le 7 mars chez Dargaud) et sur la carrière de son auteur.

Manu Larcenet livre son dernier Combat
(temps additionnel)

La guerre est un thème très présent dans
Le Combat
.
Manu Larcenet : Pas la guerre en général, mais celle d’Algérie en particulier. C’est une guerre secrète que mon père a vécue et dont il n’a jamais dit un strict mot. Parce qu’il se sentait mal à l’aise d’y avoir participé et n’avait pas envie de transmettre la peur qu’il avait ressentie. La guerre d’Algérie fut une guerre coloniale sans équivalent dans notre monde actuel. Un conflit de cette nature ne serait plus possible, car les mentalités ont évolué.

Mais vous abordez régulièrement la guerre : dans Lignes de front, Presque… Pourquoi autant parler d’un événement que vous n’avez jamais connu ?
Mon obsession, c’est le conflit. Je vis en me confrontant aux autres, et pourtant je déteste ça. En parler permet de me laver de ce que j’ai dans le crâne.

Certaines scènes du Combat ordinaire pourraient parfaitement être supprimées. Comme celle où l’on voit une grand-mère venir sur la tombe de son mari pour lui rendre hommage, et dire finalement au mort ses quatre vérités.
En fait, on pourrait se priver de presque toutes les scènes du Combat. Je ne garde que celles qui permettent de renforcer un point de vue sur ce que ressent Marco. J’ai souvent croisé dans les cimetières des gens éplorés, à la larme complaisante. Marco, lorsqu’il vient sur la tombe de son père, ne sait pas très bien ce qu’il ressent lui-même. Cela s’est traduit par cette séquence plutôt humoristique.

Parmi les belles trouvailles graphiques du Combat, il y a un jeu sur les regards.
Ça vient de Blutch et de Goossens, qui s’amusent à marier un dessin réaliste avec des expressions typiques des gros nez. Notamment les regards rendus par deux flaques blanches pour exprimer la tristesse.

Celui de la fille de Marco, Maude, est traduit par deux billes noires et brillantes.
Je ne pense pas avoir réussi à obtenir ce que je voulais. D’ailleurs, le personnage de Maude m’a demandé beaucoup de travail. J’ai mis du temps à rendre sa vivacité. La bande dessinée classique a tendance à projeter dans les enfants des réactions d’adulte, comme par exemple dans Corinne et Jeannot de Tabary. Faire le tri entre ce que l’on projette et ce qui est juste est vraiment difficile. J’ai essuyé les plâtres avec Maude.

Vous travaillez déjà sur un nouveau projet : BLAST.
Quand on achève une aventure comme celle du Combat ordinaire, il faut vite trouver des voies de dégagement ! BLAST sera un gros livre. Avec le temps, j’ai acquis la confiance des lecteurs. Je peux maintenant leur proposer de plus gros ouvrages, comme BLAST, qui s’inspire du manga.

« Mon obsession,
c’est le conflit »

Manu Larcenet

Êtes-vous un grand lecteur de manga ?
Pas du tout. Je lis les plus connus, comme ceux de Jirô Taniguchi. J’ai pu apprécier chez lui l’utilisation du silence, son goût pour les blancs. Il m’a appris qu’on pouvait faire une case sur le vent ! Quand je pense qu’on glose la violence des mangas…

Pourquoi avoir transformé votre blog en site ?
Je n’utilisais pas toutes les fonctionnalités d’un blog. Impossible de me laisser un commentaire par exemple. J’apprécie de pouvoir publier de multiples travaux – croquis, photos, vidéos – et de partager mes découvertes musicales ou littéraires. Seul souci : les plateformes de blog sont vraiment moches. J’ai donc demandé à ma copine Anita, qui s’y connaît beaucoup mieux que moi en informatique, de me concevoir un site. Elle a réalisé une mise en page sympa qui a une véritable identité.

Pourquoi avoir monté une maison d’édition en 1998, Les Rêveurs ?
Je n’avais pas l’ambition de devenir Ă©diteur, mais plus Ă©goĂŻstement de sortir mes livres. A l’époque, tout comme maintenant, je n’étais pas très apprĂ©ciĂ© dans le milieu des indĂ©pendants. Et Ă  Fluide Glacial j’étais lĂ  pour faire rire. Les autres grands Ă©diteurs voulaient tous que je publie chez eux des trucs marrants. Mais moi, je voulais raconter autre chose. Aujourd’hui, Les RĂŞveurs marchent bien. J’ai un public sympa qui accepte de me suivre sur des projets très diffĂ©rents. Par contre, je dĂ©teste jouer le rĂ´le de l’éditeur. Surtout quand il s’agit d’assumer les problèmes inĂ©vitables qui jalonnent le parcours d’un livre entre mon atelier et les mains du lecteur. Ça, je le laisse Ă  Nicolas Lebedel, le vrai boss des RĂŞveurs. Je n’accompagne pas non plus les auteurs : on me soumet des projets que je prends, ou pas. Ce que j’apprĂ©cie surtout, c’est la libertĂ© de pouvoir trouver aujourd’hui un beau papier chez le libraire, et le lendemain de l’utiliser pour un livre. C’est aussi un vrai bonheur de publier quelqu’un comme Daniel Casanave et de voir son Baudelaire dans la sĂ©lection officielle du Festival d’AngoulĂŞme.

« Je fais mes albums,
tête baissée ! »

Manu Larcenet

Avec le succès, pouvez-vous désormais présenter tous les projets qui vous passent par la tête ?
C’est plus facile maintenant que certaines de mes sĂ©ries ont un gros tirage, c’est indĂ©niable ! Mais il est toujours compliquĂ© de passer d’un registre Ă  l’autre quand on a habituĂ© les gens Ă  vous lire dans un style. Avec l’âge, j’ai tendance Ă  me recentrer sur l’Ă©laboration des livres plutĂ´t que sur le reste. Je fais mes albums, tĂŞte baissĂ©e, en essayant de ne pas tenir compte des dĂ©sirs des uns ou des autres. 

Propos recueillis par Allison REBER
Images © Dargaud
 
 
 

BoDoï 116 en vente le vendredi 22 février 2008

Jeudi 21 février 2008
couv

Manu Larcenet
Itinéraire
d’un combattant ordinaire

Dossier :La BD sur le marché
de l’art
Giardino : le maître italien parle
de Max Fridman

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Chez votre libraire à partir du 20 février

Mercredi 20 février 2008
Qui ?
Quoi ?
Quand ?
Combien ?
OĂą ?

Ferlut

Lettres d’Agathe

20-févr

14,95 €

Delcourt

Le Saëc
et Chauvel

Mafia story #3

20-févr

12,90 €

Delcourt

Sentenac

Les Hydres
d’Arès #2

20-févr

12,90 €

Delcourt

Pacheco,
Corbeyran
et Sarn

Trop mortel #2

20-févr

12,90 €

Delcourt

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Bons baisers de…

Mardi 19 février 2008


… Loulou, PĂ©tra et AlizĂ©e (par JoĂ«l Mouclier)

Chez votre libraire à partir du 13 février

Lundi 11 février 2008

 

Qui ?
Quoi ?
Quand ?
Combien ?
OĂą ?
Mitton Quetzalcoalt
#7
13-févr

9,40 €

Glénat
Séraphine France
de Riga
#2
13-févr

9,40 €

Glénat
Aakamoto Nés pour
cogner
#1
13-févr

7,50 €

Delcourt
Sumeragi Pékin années
folles
13-févr

7,50 €

Delcourt
Okazaki Complément
affectif #5
13-févr

9,80 €

Delcourt
Okano et
Yumemakura
Onmyoji #2 13-févr

14,95 €

Delcourt
Harai Ki-Itchi #9 13-févr

7,50 €

Delcourt
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