Le Problème avec les fantômes
L’année passée, Caleb est mort. Depuis, ses amies vingtenaires Anne, Irène, Nour et Marie-Pierre tente de vivre sans lui, essayant d’entretenir leurs relations même en l’absence de celui qui les liait. Jusqu’au jour où Irène fait une annonce qui provoque le malaise et la colère chez les autres…
Après avoir terminé son triptyque initié avec C’est comme ça que je disparais, Mirion Malle s’est penchée sur le sujet du deuil pour ce dernier album publié chez Glénat, dans lequel on retrouve nombre d’ingrédients qui ont fait la force de ses histoires. Des dialogues rythmés et bien amenés, des personnages attachants et des relations réalistes, et un dessin dynamique qui rend cette histoire de fantôme très palpable.La patte de l’autrice est si reconnaissable qu’on commence par se demander si on ne va pas relire une histoire qu’on a déjà lue – une bande d’ami·es, leurs interactions naturelles, leurs interrogations existentielles… Mais voilà que la bombe est lâchée : Irène a revu Caleb, ou plutôt, son fantôme lui est apparu. Elle l’annonce tout naturellement, innocemment, et les réactions sont viscérales.
Dans ce récit, il y a un fantôme littéral, celui de Caleb, l’ami disparu, qui n’apparaît qu’à une personne et auquel les autres refusent de croire. Et il y a le fantôme symbolique, pesant parfois, de la place qu’occupait cet ami auquel tout le monde pense et dont l’absence hante le quotidien. On se laisse aisément emporter par ce récit aussi simple qu’éloquent. Qui parle de ce que que la mort fait à ceux qui restent, de l’isolement à la colère ; le sentiment d’injustice qu’elle provoque en soi ; comment elle impacte les liens entre les vivants ; et la façon dont on peut réparer ces liens. Au fil de la lecture, ce bel album se révèle, en dépit du sujet difficile, tendrement réconfortant, et l’on s’imagine sans peine y revenir pour le relire.





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