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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | July 26, 2017

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10 Comments

BD & financement participatif: le grand amour?

10 juillet 2013 |

Le financement participatif est-il l’avenir de la bande dessinée ? Certainement pas, mais il peut être une solution pour faire émerger des projets. En tout cas, il attire de plus en plus d’auteurs et d’éditeurs en quête d’un coup de pouce pour se lancer. Avec le risque que cette ruée vers le crowdfunding, notamment sur la plateforme leader Ulule, ne crée un engorgement comparable à celui des librairies…

ulule_aaargPorté par une structure dédiée, le crowdfunding peut fonctionner, modestement mais régulièrement, à l’image de ce que pratique Sandawe (relire notre interview de son fondateur, Patrick Pinchart). Les fonds à réunir sont importants, mais la fondation et la fidélisation d’une communauté autour d’une création de bande dessinée de niveau professionnel peuvent faire émerger des talents. Un des derniers exemples en date: pour Joseph Carey Merrick, 31 000 € ont été réunis, par 277 contributeurs. À l’inverse, l’autre géant du financement participatif, My Major Company, avait lancé MMC BD avec l’appui de Média Participations, dans un modèle curieux puisque les albums proposés seraient de toute façon publiés par les éditeurs partenaires… Quelques titres sont donc sortis, mais depuis, c’est morne plaine.

avarice

Plus récemment, c’est la plateforme française de crowdfunding généraliste Ulule qui a accueilli la bande dessinée en son sein. Tous azimuts. Avec pour tête de gondole le projet d’adaptation ciné de Noob (web série, puis BD), qui a pulvérisé son objectif et établi des records : plus de 568 000 € réunis pour 35 000 € demandés au départ. Autre succès, celui de La Revue dessinée, trimestriel de création de BD reportage, à paraître à l’automne : plus de 35 000 € reçus pour un objectif de 5000€. Ou la revue Aaarg!, bimestriel de BD et culture populaire, dont le premier opus sera disponible en octobre (12000 € réunis). D’autres projets plus modestes ont également trouvé des financements, démontrant l’intérêt d’un tel système pour des indépendants motivés, qui réussissent à séduire leur cible, pour ce qui n’est finalement qu’un nouveau mode de souscription. Et ça ne marche pas à tous les coups, malgré l’intérêt artistique d’un projet ou son professionnalisme.

Ainsi, le comics Jack Avarice, dont la publication en VF avait été proposée par Merluche Comics, n’a pas trouvé preneur en n’atteignant au mieux qu’un tiers de son objectif de 10000 €. Thomas Rivière, qui portait le projet, explique notamment cet échec par un album qui n’a pas rassemblé la communauté comics, et par sa position d’éditeur chez Glénat qui a brouillé le message alors qu’il agissait ici en indépendant. « J’ai dû expliquer à beaucoup le principe du financement participatif qui n’est pas clair pour tout le monde aujourd’hui en France, alors que c’est tout simplement une version moderne de la souscription, nous raconte-t-il. Je me suis fait traiter de voleur, d’arnaqueur (My Major Company a fait beaucoup de mal au crowdfunding et on traîne une réputation d’escroc à cause de pratiques lues et entendues ailleurs). Les gens pensaient qu’ils produisaient la série et qu’ils allaient ensuite toucher des bénéfices sur les ventes, alors que la somme collectée devait être utilisée à 100% pour produire une BD de qualité. Il aurait fallu faire plus de 100% de l’objectif pour envisager de faire le moindre bénéfice, or on s’est arrêté à 34%. Et si jamais il y avait eu du plus, Merluche l’aurait utilisé pour lancer d’autres projets, pas pour s’en foutre ‘plein les poches’ comme j’ai pu lire ici ou là. » expo_tezuka
Plus de projet de crowdfunding pour lui pour l’instant, en attendant de trouver un comics plus fédérateur et en espérant l’arrivée du géant américain, le puissant Kickstarter, en terre française…

Autre exemple de projet d’envergure promis à l’échec : l’exposition itinérante Osamu Tezuka – l’invention de la narration dessinée. Sa campagne de financement, pourtant prolongée de trois semaines, se clôture aujourd’hui et n’a pu lever qu’un tiers des 25000 € nécessaires. La somme était-elle trop rondelette? Les contreparties offertes aux participants étaient-elles trop peu motivantes? Le programme de tournée de l’expo était-il trop court? Difficile de répondre à toutes ces questions, car dans le cas de Jack Avarice, ses belles éditions collector promises contre une somme tout à fait raisonnable n’ont pas suffi non plus à emballer la communauté…

Dossier de presse Oktoprod A5oklahoma_boy_videcocagneIl n’y a donc pas de recette miracle, et le crowdfunding n’est ni l’Eldorado, ni un miroir aux alouettes. Il demeure une source aléatoire d’espoir et d’air frais pour des porteurs de projets indépendants. Comme Oktoprod, qui veut lancer une plateforme de mangas numériques de création. Ou encore – et on leur souhaite de réussir tant le projet est alléchant – la dynamique petite maison nantaise Vide Cocagne, qui ambitionne de publier l’intégrale d’Oklahoma Boy de Thomas Gilbert : ses deux premiers tomes (excellents, lire les critiques ici et ) avaient été publiés chez feu Manolosanctis, et le troisième est resté inédit. Pour pouvoir lire ce qui pourrait être une des plus chouettes BD de 2013 et bénéficier de jolies contreparties, rendez-vous sur la page Ulule du projet, la campagne n’est ouverte que jusque fin août. Vite!

Commentaires

  1. Oliv'

    « Avec pour tête de gondole le projet d’adaptation ciné de la BD Noob »

    Noob est avant tout une web série, diffusée sur la chaîne Nolife. Pour étendre l’univers Noob, son créateur, Fabien Fournier, s’est ensuite tourné vers la publication de romans, puis de BD et enfin vers un film via le crowdfunding.

  2. Merci Oliv’, c’est une coquille, c’est corrigé.

  3. Thomas Gilbert

    Merci de citer Oklahoma, j’espère qu’il sera à la hauteur de l’espérance des lecteurs!

  4. JC LEBOURDAIS

    3 faute d’orthographe et de grammaire dans cet article. Ca fait désordre.

  5. Merci de votre vigilance JC, je vais lancer une opération de crowdfunding pour me faire financer un correcteur orthographique.

  6. Je blague JC, mais je suis avant tout navré de ces erreurs, tout à fait désagréables à la lecture, j’en conviens (je cherche toujours la troisième).

  7. Merci de nous avoir citer dans cet article ! En espérant que notre levée de fond aboutisse ^^

    A très bientôt !

  8. Oliv'

    « (je cherche toujours la troisième). »

    La troisième est dans le début de son message : « 3 faute d’orthographe ».

  9. Francois Pincemi

    Si Monsieur Lebourdais les indiquait de son propre chef, cela ferait gagner du temps à tout le monde, je pense…

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