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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 30, 2016

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Grand Est

21 juin 2016 |
SERIE
Grand Est
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
22 €
DATE DE SORTIE
20/05/2016
EAN
220507539X
Achat :

est_1Journaliste, romancier, essayiste, et documentariste, Denis Robert fait aussi de la bande dessinée. Après L’Affaire des affaires (avec Yan Lindingre et Laurent Astier, sur l’affaire Clearstream), il raconte dans Grand Est — tiré de Vue imprenable sur la folie du Monde, essai publié en 2013 — une aventure plus intime. Le récit, long de près de 150 pages, débute par une panne d’inspiration : celle de son auteur, qui se retrouve dans un stage de conduite avec des chauffards, dont les points de permis se sont le plus souvent évaporés dans l’alcool.

Le narrateur nous embarque ensuite pour un road movie avec son fils jeune adolescent, Woody, vers sa région d’origine. Direction plein Est, en Lorraine, dans la région d’Hayange ou Amnéville. Le voyage est géographique, mais aussi temporel : confrontant sa vision actuelle à ses souvenirs — familiaux notamment —, Denis Robert se rappelle d’un temps où De Gaulle était au pouvoir, celui du plein emploi, de « la télé en noir et blanc ». « Hayange est maintenant un tombeau avec une jolie piscine », note-t-il en piquant une tête dans le bassin de son enfance. Il visite un musée dédié à la mine et interroge une trop jeune retraitée sur son parcours, sa vie aujourd’hui dans la région. Mêlant le passé et le contemporain, sur un ton légèrement dépressif, mais pleinement humaniste.

Si l’on s’agace parfois de quelques lieux communs bien-pensants sur l’état du monde (la comparaison se fait aussi largement avec la crise américaine, par exemple la ville sinistrée de Milwaukee, où fut tournée la série Happy Days), on est touché par cette mise à nu indirecte. Denis Robert laisse affleurer ses doutes professionnels — il s’interroge sur son activité —, les incompréhensions familiales (ses parents demandent pourquoi ses enquêtes, notamment sur les paradis fiscaux, ne sont pas suivies d’effets). Au dessin, Franck Biancarelli trouve le bon ton, aérant parfois son dessin un brin monotone par des décors stylisés, ou quelques couleurs plus vives. Il adoucit ainsi un propos parfois aride, mais le plus souvent intéressant.

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