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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 26, 2017

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San Mao, le Petit Vagabond

29 avril 2014 |
SERIE
San Mao, le Petit Vagabond
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
33 €
DATE DE SORTIE
06/02/2014
EAN
2359660985
Achat :

san-mao-extrait1San Mao, le Petit Vagabond tient d’un rare funambulisme entre la légèreté de l’enfance et la plus infinie des tristesses. Orphelin des rues de Shanghai dans les années 1930 et 1940, San Mao – «trois mèches», stigmate de sa qualité de vie – est l’un de ces mômes laissés pour compte, parmi tant d’autres, au creux d’une ville qu’on appelait alors la catin de l’Orient, pour sa décadence. Et vraiment, sa vie n’est pas drôle tous les jours. Chapardages, raclées, pauvreté extrême et autres envies de suicide rythment les pas d’un petit garçon né sous la mauvaise étoile qui, pourtant, ne perd jamais le sens des petits bonheurs quotidiens, ces quelques sourires que la vie peut lui offrir. San Mao, c’est une icône majeure de la BD en Chine. Le Tintin de l’Est.

Au fil des aléas de l’Histoire, le personnage de Zhang Leping a connu plusieurs périodes. Cette anthologie à l’italienne s’ouvre sur une préface essentielle – qui malheureusement ne suffira pas toujours, car le grand écart culturel laisse une poignée de situations échapper à notre compréhension – et compile Le Petit Vagabond ainsi que San Mao à l’armée, soit une collection de planches datant de la seconde moitié des années 1940, avant que le personnage ne se mue en outil de propagande sous Mao Zedong. Quelques centaines de strips généralement muets, au trait libre et économe, parfois en continuité et parfois non, où nous suivons l’enfant dans ses déboires journaliers, puis petit soldat en lutte contre les Japonais.

Si sa vocation est bien comique, San Mao, le petit Vagabond révolte. La réalité est crue, serre le cœur, l’injustice s’acharne sur le gamin solitaire et le contraste avec les classes aisées dégoûte. Souvent, la chute d’un strip ne titille pas les zygomatiques mais nous confronte à la tragédie. Ce qui ne rend le rire et les lueurs d’espoir que plus sincères, bienveillants, toujours sous la lumière d’une certaine dignité dans le malheur, sans verser dans le misérabilisme pur et simple. Bouleversant.

© Éditions Fei / Zhang Leping san-mao-extrait2

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