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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 21, 2021















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L’expo hommage à Uderzo, génie du dessin

3 juin 2021 |

Le musée Maillol à Paris accueille jusqu’au 30 septembre la première rétrospective d’Albert Uderzo, avec plus de 250 originaux dont des documents qui ne sont jamais sortis de son bureau.

Une expo comme une revanche. Revanche contre l’épidémie de Covid-19, qui a étouffé l’annonce de la mort du cocréateur d’Astérix en mars 2020, en plein confinement. Revanche contre ceux qui ont toujours vu le dessinateur comme le numéro deux du duo Goscinny-Uderzo pourtant complémentaire et indissociable. Richement illustrée de dessin, photos, maquettes et objets en tout genre, l’exposition « Uderzo, comme une potion magique » est un hommage grand public et néanmoins exigeant au discret Albert, comme on aimerait en voir plus souvent.

Structurée assez classiquement, de manière chronologique, l’exposition démarre par la jeunesse d’Alberto, fils d’immigrés italiens arrivés en France en 1923. Il naît 4 ans plus tard, près de Reims, avec 6 doigts à chaque main et un daltonisme, que sa mère lui découvrira quelques années plus tard, alors qu’il dessine de l’herbe… rouge.

Exposition Uderzo, comme une potion magiqueOK 2Dès ses premières années, Albert montre un intérêt et un talent pour le dessin, comme le dévoilent ses cahiers d’écolier et notamment l’anatomie d’un poisson d’une précision bluffante. L’exposition met également en avant les reproductions de ses héros de l’époque, notamment ceux de Disney. C’est d’ailleurs, en 1934, à l’âge de 7 ans, qu’Albert choisit sa future carrière après avoir lu le 1er numéro du Journal de Mickey. C’est dit : il sera le prochain Walt Disney.

Formé à tous les pans de l’édition après avoir arrêté l’école à 13 ans, Albert commence à travailler pour des illustrés et invente ses premiers héros : Zidore, Clopinard, Arys Buck, Belloy, au trait rond, proche du style du créateur de Donald. Son style évolue progressivement pour un esthétisme semi-réaliste, plus comics. Surprise : l’expo dévoile des planches des aventures d’un superhéros nommé… Capitaine Marvel.

Expo Uderzo, comme une potion magiqueAprès son service militaire, le retour à la vie civile est compliquée. Le papier se fait rare et il n’arrive plus à vendre ses dessins. Il devient alors dessinateur de presse pour France-Dimanche. Cambriolage, vol… Albert Uderzo illustre les faits divers en tout genre, avec un souci du détail tel qu’il sera suspecté par la police d’avoir participé à un crime.

Le tournant de sa carrière s’amorce à la fin des années 1940, explicitée dans la partie « Belgium Connection » de l’exposition. Découvert grâce à son travail dans la presse à sensation, le dessinateur intègre une agence qui lui permet de faire la rencontre de Jean-Michel Charlier (Buck Danny), Jean Graton (Michel Vaillant), et surtout René Goscinny, en 1951, avec qui le coup de foudre artistique est immédiat. Débutent ainsi des collaborations pour différents journaux dont Tanguy et Laverdure avec Charlier et Jehan Pistolet, Luc Junior et Oumpah-Pah avec Goscinny.

En 1959, les trois compères prennent part au projet de création du journal pour la jeunesse Pilote. Uderzo et Goscinny, qui pensaient proposer une adaptation en BD du Roman de Renart, découvrent qu’elle existe déjà. En plein été, et à quelques semaines du bouclage du premier numéro, les deux hommes se retrouvent dans le HLM d’Uderzo à Bobigny pour chercher une nouvelle idée dans l’urgence. Les cigarettes et le pastis aidant, ils créent Astérix entre deux fous-rires.Expo Uderzo, comme une potion magique

La série est publiée en octobre 1959 et devient tout de suite un succès, portée par le décollage réussi de Pilote. Uderzo fournit un travail de titan. Chaque semaine, il livre une planche d‘Oumpah-Pah pour Tintin, et trois planches de Tanguy et Laverdure et d’Astérix pour Pilote. Une prouesse d’autant plus impressionnante à l’examen des crayonnés de la série d’aviation, au réalisme quasi scientifique. Il finira d’ailleurs par en déléguer le dessin à Jijé au bout de la 8e aventure, trop occupé par Obélix et compagnie.

Expo Uderzo, comme une potion magiqueAlors que les lecteurs du journal plébiscitent les aventures hilarantes de ces irréductibles moustachus, Georges Dargaud, propriétaire de Pilote, accepte d’éditer Astérix le gaulois en album en 1961. Les 6000 exemplaires sont rapidement vendus. Uderzo négocie un nouveau tirage à 30000 exemplaires, qui sera lui-aussi vite écoulé.

Chaque nouvel album enregistre un nouveau record et la série devient une phénomène de société en France. Les expressions comme « Ils sont fous ces romains » entrent dans le langage quotidien et un satellite baptisée Astérix est lancé dans l’espace, en 1965. Un an plus tard, L’Express fait sa une sur le Gaulois alors que sort Astérix chez les Bretons, tiré à 600000 exemplaires.

Si Goscinny n’en finit plus de briller au scénario, Uderzo n’est pas en reste. Amoureux du mouvement, il donne vie à ses personnages avec brio. Chaque album est une démonstration de ses talents graphiques : de l’architecture dans les décors, au lettrage en passant par la mise en scène de ses planches et le jeu des profondeurs de champ. Les crayonnés et les planches exposés dans le format original (jusqu’au double de la taille d’un album classique) en dévoilent toute sa maîtrise.

Cette incroyable aventure éditoriale, exposée dans tout le premier étage de l’expo, est stoppée brutalement par le décès tout aussi soudain de René Goscinny en 1977, lors d’un simple test d’effort physique. Albert Uderzo est effondré. Alors que la presse annonce précipitamment la fin d’Astérix, le dessinateur ne livre rien pendant 2 ans. Ce n’est que pressé par une décision de justice qu’il fournira les dernières planches d’Astérix chez les Belges à Dargaud. Goscinny, qui était en conflit avec l’éditeur, lui avait demandé de ne pas envoyer la fin de l’album.

Privé de son camarade de jeu, mais piqué au vif par ceux qui ne voient en lui qu’un faire-valoir de Goscinny, il se remet à sa planche de dessin et, en accord avec la veuve du scénariste, décide dans la foulée de fonder la maison Albert-René, dans le but unique de publier les prochains Astérix.

Exposition Uderzo, comme une potion magiqueLes albums suivants, scénarisés et dessinés uniquement par Uderzo, se vendent eux aussi comme des petits pains à travers le monde (à voir, le mur où sont affichés les nombreuses traductions). Mais les critiques, elles, sont de plus en plus mitigées. Une des dernières sections de l’exposition est par ailleurs consacrée au Ciel lui tombe sur la tête, paru en 2005 et tiré à 8 millions d’exemplaires, justifiant et expliquant le thème de l’album (l’invasion par des extraterrestres) éreinté par la presse. Ce sera le dernier Astérix d’Uderzo qui, après avoir longuement réfléchi, décide de passer la main à Conrad et Ferri. Démarre alors une nouvelle page pour l’une des plus célèbres BD au monde.

« Uderzo, comme une potion magique » se conclut par plusieurs photos de personnalités, tels que Gerhard Schröder ou Kirk Douglas, lisant un album et des dessins de Zep, Franquin ou encore Margerin dédiés à Uderzo. Un dernier hommage pour boucler cette formidable rétrospective consacrée à ce dessinateur de génie, pas assez reconnu de son vivant.


Uderzo, comme une potion magique
Musée Maillol, jusqu’au 30 septembre 2021.

Photos © BoDoï


Exposition Uderzo, comme une potion magique
Exposition Uderzo, comme une potion magique
Exposition Uderzo, comme une potion magique
Exposition Uderzo, comme une potion magique
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