L’Orpailleuse
En 1902, en Normandie, il ne faisait pas bon sortir des clous. Gaston, avec sa connaissance des plantes et ses dons de guérisseur, a été accusé par des paysans d’être responsable de la mort inexpliquée de plusieurs vaches. Ni une ni deux, le juge l’envoie au bagne à Cayenne. Son épouse Octavie ne le supporte pas et décide de le rejoindre en Guyane. Problème, quand on est une femme sans le sou, on ne se fait pas marin. Elle coupe ses cheveux, change de tenue et devient alors Octave. Une identité qu’elle conservera une fois arrivée en Amérique du Sud, car elle lui offre la liberté d’aller où elle le désire…
La scénariste de La Guerre de Catherine propose ici une fiction à la fois militante et emplie de tendresse, en brossant le portrait d’une jeune femme audacieuse, prête à faire le bien autour d’elle sans renier ses aspirations personnelles. Car une fois en Guyane, comprenant qu’elle ne reverrait plus son Gaston, Octavie demeure Octave pour accomplir son rêve : s’approcher des tribus dans la jungle et composer un inédit ouvrage de botanique médicinale sur la flore locale. L’histoire est donc toute simple et immédiatement impactante, et Julia Billet la rend délicieuse à suivre en la narrant en flashback, à travers le journal laissé par l’héroïne, lu une autre femme ayant décidé de se comporter comme un homme, une chercheuse d’or qui avait compris qui se cachait sous l’identité d’Octave – et qui mériterait presque un album à elle seule. Ce récit aux clairs accents féministes est donc très empathique, ponctué de séquences touchantes, et cette douceur doit beaucoup aux aquarelles délicates et spontanées de Fred Bernard, qui donnent à son trait presque enfantin une dimension assez poétique. Un bel album tous publics, qui suscitera des émotions sincères.





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