Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 13, 2018

Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Moins qu’hier, plus que demain

8 juin 2018 |
SERIE
Moins qu'hier, plus que demain
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
12.75 €
EAN
2344025790
Achat :

Glénat lance GlénAAARG !, label co-géré par Pierrick Starsky, rédacteur en chef de feu la revue AAARG !, pour y publier en album des oeuvres dans le ton irrévérencieux et gentiment trash du magazine. Pour lancer la collection, l’éditeur s’appuie sur Fabcaro, auréolé du succès de Zaï zaï zaï zaï, et publie deux titres : Moins qu’hier, plus que demain, qui reprend principalement des œuvres parues dans la revue, et Jean-Louis, recueil de strips publiés par L’Écho des savanes, paru en album à l’époque. Cette réédition, très dispensable, semble indiquer que les gros éditeurs veulent maintenant tirer profit au maximum d’un succès né chez les alternatifs. Rien de nouveau à ce sujet, notons cependant que 6 pieds sous terre réédite de son côté le très bon La Clôture, qui était épuisé et est l’album pré-Zaï zaï zaï za par excellence.

moins_quhier_image1Si on laissera donc Jean-Louis de côté, Moins qu’hier, plus que demain est une vraie réussite. Sans doute d’abord parce qu’il est cohérent avec l’ensemble, l’éditeur d’AAARG ! est un vieux fan de Fabcaro et a toujours défendu son travail, rééditant il y a quelques années ses gags du Psikopat. Les pages qu’il publiait n’ont donc rien du fond de tiroir mais sont vraiment pensées en cohérence, explorant des pistes que l’auteur allait développer largement.

Si l’absurde est une constante de l’humour de Fabcaro, il dresse dans ses dialogues uniquement tournés sur la vie de couple des portraits d’un humour très noir, rompant assurément avec l’aspect profondément gentil, voire maladroit, de ces anciens travaux. Explorant une veine sombre, il est hilarant quand il dessine ces parents refusant d’aller aider leur enfant qui se noie, se renvoyant la balle, au nom d’une répartition équitable des tâches. Et si les gags peuvent se lire dans un désordre absolu, l’album a été pensé assez intelligemment, ponctué de séquences où un homme seul communique dans son lit avec le répondeur de sa femme, avec un optimisme imbattable.

Outre cette penchée dans l’humour noir, c’est aussi à travers ces planches que Fabcaro expérimente de manière régulière un dessin aux formes réalistes mais aux visages flous, une rupture accentuant les décalages tout en restant extrêmement sobre. La forme trouvée sera exploitée sur certaines séquences de Carnet du Pérou, puis sur le long terme dans Zaï zaï zaï zaï; et le réalisme flou fera le lien avec le roman photo sentimental détourné dans Et si l’amour c’était aimer ?. Moins qu’hier, plus que demain est donc un jalon essentiel de l’œuvre d’un auteur qui s’est affirmé comme incontournable. Et en plus, c’est très drôle.

moins_quhier_image2

Publiez un commentaire