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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 19, 2017

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Soraïa *

3 octobre 2012 |

picto-critique-V3-1soraia_couvPar Renaud de Heyn, Casterman, 18 €, mai 2012.

Soraïa, petite paysanne berbère, est cédée par son oncle à une riche famille de Tétouan afin de devenir une « petite bonne », c’est-à-dire une quasi esclave. Commence un long chemin pour son frère, Mehdi, qui quitte les montagnes du Rif marocain pour la retrouver.

L.10EBBN001478.N001_SORAIAt01_Ip001p128_FRRenaud de Heyn, auteur de carnets de voyages et d’un reportage en bandes dessinées sur le trafic de haschich au Maroc (La Route du kif pour la revue XXI),  a passé beaucoup de temps dans le nord du Maroc et connaît incontestablement son sujet. De fait, il parvient à restituer la beauté des paysages locaux. Malheureusement, la couleur un peu poisseuse et le trait trop vague floutent des détails qui pourraient permettre de s’attacher aux personnages. Ceux-ci semblent brouillons et caricaturaux, au point qu’on assiste avec une certaine indifférence à la suite ininterrompue de violences diverses qui leur est infligée.

Tout espoir semble mort pour les deux jeunes gens, dans une société marocaine gangrénée par la corruption (les membres de la Sûreté nationale — la police marocaine — couvrent le trafic de kif), qui voit la montée du fondamentalisme religieux. Leur destin misérable révèle un monde impitoyable, où le secours ne vient que de ceux qui souhaitent manipuler les victimes. La rencontre de Mehdi avec Abou Qâbil, un fondamentaliste musulman, tient à ce titre une place essentielle dans le récit. Cet homme violent, qui lave l’honneur de l’islam dans le sang, est l’un des rares à tendre la main vers Mehdi durant son périple. Mais il attend de lui en retour qu’il devienne son disciple. La religion n’est ici montrée que comme un instrument de domination : on attendait plus de subtilité d’un auteur qui avait su précédemment questionner sa relation à l’islam avec plus de finesse (voir La Tentation, carnet de voyage au Pakistan).  Ce manque de mesure, qui touche tous les niveaux du récit, dessert le sujet, sérieux et dramatique, du statut des petites bonnes au Maroc.

Mélanie Monroy

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