Caboche #1
Dans un monde en ruines, désert post-apocalyptique aux mains des brigands et autres bandes violentes, Prota fait figure d’anti-héros solitaire. La tête coincée dans un masque aux allures de boîte à chaussures et ne portant pour seul habit qu’un slip pas très propre, il trimballe une épée légendaire toujours coincée dans son rocher. Car oui, Prota, sous ses airs de grand ado benêt, est doté d’une force considérable et d’un goût prononcé pour la bagarre. Ce ne sera pas de trop dans son épopée…
Voilà un album qui ne ressemble à rien de ce qui est produit ces derniers temps. Un gros délire de SF potache, plein de planches ébouriffantes et de blagues en-dessous de la ceinture, comme on pouvait en lire dans les années 1990. Alors il faut y croire un peu, et se laisser embarquer dans cette BD de dessinateur, où chaque séquence semble avoir été écrite pour pouvoir brosser des décors impressionnants, des personnages immondes et gigantesques, et des scènes de combat suintantes de sueur, de vomi et de sang. Le chara design est original et très soigné, les séquences épiques assez jouissives (malgré quelques cases difficiles à décrypter), les vannes un peu lourdes. Mais l’ambiance générale est fun, pour peu qu’on ne cherche pas un scénario limpide et haletant : la quête des protagonistes n’est pas très claire, souvent éclatée dans des digressions et des rebondissements prétextes à rire ou à se bagarrer. Un ovni éditorial de genre, comme pour bien marquer que le nouvel éditeur Morgen (Terre ou lune, Train de nuit dans la voie lactée, Petit Bonhomme…) veut tirer tous azimuts, et donner sa chance à de jeunes auteurs.





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