God Bless America
1954, entre le Colorado et l’Utah. Une voiture abandonnée, des traces louches, une femme portée disparue et un avion sans pilote. Et au milieu, le shérif Nick Corey, enquêteur hors pair qui traîne un lourd passé – ses parents ont été retrouvés sauvagement assassinés quand il était tout jeune, et il a été condamné à tort. À ses côtés, un agent du FBI, spécialement envoyé par le président des États-Unis. Et si un complot militaire s’ajoutait à la cavale sanglante d’un tueur en série ?
PF Radice, déjà auteur d‘Al Capone chez Sarbacane, adapte ici le roman noir français Le Cherokee, de Richard Morgiève. Et pour du noir, c’est du noir. Les meurtres s’enchaînent, toujours plus atroces (on est à la limite de l’horrifique par moments), le passé de Nick remonte et l’Amérique semble bien creuser sa tombe, entre homophobie, violences faites aux femmes, pauvreté largement répandue, et spectre d’une guerre nucléaire. C’est à tout cela que fait référence le titre choisi pour cette BD au format XXL, qui met superbement en valeur le noir et blanc expressif et charbonneux de PF Radice. L’ambiance rurale 50’s dépeinte, sale et sanguinolente, ici est bien loin du glamour coloré et lumineux de l’Amérique d’après-guerre, et le héros est de plus en plus fort et touchant à mesure de sa descente aux enfers. Alors, si l’album semble avoir du mal à se conclure, avec un final à rallonge qui fait traîner le climax, il demeure un des meilleurs polars traditionnels en BD depuis longtemps, idéal pour l’été (mais pas seulement).





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