Mudlarks
Un « mudlark », c’est un gamin de Londres dans la première moitié du XIXe siècle, traînant sur les berges de la Tamise, les pieds dans la boue et l’eau saumâtre, à la recherche d’objets ou de denrées tombés des bateaux. Oliver est l’un d’eux, tentant de se défaire de l’emprise de son père, un escroc violent. Sur les docks, l’ado fait la connaissance d’un petit garçon bien curieux, un certain Charles Dickens. Il rêve de devenir écrivain, mais doit travailler dans une manufacture de cirage car son père est en prison pour dettes. Oliver et Charles vont se lier d’amitié, et le premier va faire découvrir au second tout un monde pour nourrir ses futures histoires…

Avec un dessin tout en douceur, nimbé de couleurs nuancées qui tempèrent la noirceur du propos, ce one-shot tous publics immerge les lecteurs dans un Londres sale, pauvre et violent envers les enfants. Considérés comme une charge ou une main d’œuvre bon marché, les gamins ne peuvent tous accéder à l’école, même s’ils en meurent d’envie comme le petit Dickens, ou doivent affronter les menaces, les manipulations et les coups des adultes à longueur de journée. Cet angle est intéressant et permet aux auteurs d’introduire idéalement quelques éléments biographiques de la jeunesse de l’auteur d’Oliver Twist, au sein d’une narration fluide et accessible dès 10 ans. Une bonne surprise.





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