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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 16, 2018

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Sabrina

5 octobre 2018 |
SERIE
Sabrina
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
25 €
DATE DE SORTIE
13/09/2018
EAN
2917897406
Achat :

Calvin est informaticien au sein de l’armée. Il mène une vie solitaire et triste depuis que sa femme est partie en Floride avec leur fille. Boulot nocturne, Internet, télé, bière, nettoyer et ranger son flingue, nourrir le chat. Il endure ce morne quotidien, tant bien que mal, et réfléchit à accepter une promotion qui l’éloignerait pour de bon de l’espoir de reconquérir son épouse. C’est alors que débarque Teddy, lointain copain d’enfance, totalement paumé depuis que sa fiancée Sabrina a disparu. On soupçonne un enlèvement, un meurtre. Teddy erre comme une âme en peine, ne parle pas, mange peu, et écoute en boucle des émissions de radio mystiques ou développant des théories complotistes. Puis, une vidéo circule sur le net montrant l’exécution de Sabrina. Teddy est plus que jamais proche de l’effondrement. Ou du pétage de plomb.

sabrina_image1Revoilà le Fauve révélation du dernier Festival d’Angoulême pour Beverly. Nick Drnaso propose une nouvelle plongée dans les névrose de son Amérique natale, en se concentrant sur les thèmes de l’armement individuel, de la puissance des images virales et la diffusion de théories du complot. Par son dessin faussement naïf et emprunté, au trait fin, aux perspectives profondes et vides, aux aplats ternes sans ombre et aux visages quasi inexpressifs, il instille un malaise palpable. Une impression renforcée par la vacuité des interactions entre des personnages qui ne savent pas comment réagir les uns par rapport aux autres : tout n’est que gène, intrusion, fausse empathie. Le lecteur avance ainsi d’un appartement de célibataire forcé sans aucun élément intime ou même chaleureux, à un open space ennuyeux, en passant par un quartier désespérément stéréotypé. En silence, souvent. Sauf quand la radio déverse son flot de paroles anxiogènes ou culpabilisantes, qui vont jusqu’à suggérer de prendre les armes pour se lever contre un hypothétique danger planétaire. Ces passages sont dérangeants, flippants même, d’autant que les personnages, tels des mannequins de cire, arborent toujours le même rictus plat et des micro-billes en guise d’yeux. L’effet recherché fonctionne, mais sur la longueur (208 pages) le procédé finit par lasser un peu. On se demande où Nick Drnaso veut en venir, et le final n’offre que peu de réponse. Oui, il montre avec talent une Amérique paranoïaque et qui refuse de se soigner. Mais il oublie un peu trop que la fiction, même largement inspirée de la vie réelle, a besoin de susciter des émotions variées pour happer durablement son lecteur. Dommage, il n’en fallait certainement pas beaucoup plus – un rebondissement, une plus grande expressivité des protagonistes, une rupture de rythme… – pour que Sabrina emballe tout à fait.

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