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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 14, 2019















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Beaux livres pour Noël 2018 (6)

21 décembre 2018 |

Dernière étape de nos sélections de beaux livres pour Noël. Les meilleures idées sont parfois celles de dernière minute voir aussi nos sélections 1, 2, 3, 4 et 5).

yokaido-couv Yôkaidô

Les éditions Cornélius continuent d’explorer le monde merveilleux de Shigeru Mizuki en éditant une nouvelle fois une œuvre qui n’a pas directement trait à la bande dessinée. Dans Yôkaidô, l’auteur reprend les célèbres estampes des « Cinquante-trois stations du Tôkaidô » du dessinateur, peintre et graveur japonais Utagawa Hiroshige. Ce maître de l’ukiyo-e (estampes japonaises gravées sur bois) est l’un des plus connus à l’international au côté de Katsushika Hokusai. Les 55 illustrations de Hiroshige qui composent cette série d’estampes ont été dessinées sur la route reliant Edo, capitale du shogunat (gouvernement militaire de l’époque), à Kyoto, capitale impériale durant plus de 1000 ans. Contraction de yôkai (créatures surnaturelles du folklore japonais) et Tôkaidô, Yôkaidô met en regard ces estampes avec leurs réinterprétations par Mizuki, qui prend un malin plaisir à les peupler de yôkai. Dans cet ouvrage de qualité, on aime se perdre et chercher les points communs et différences entre les deux versions de chaque vue. Techniquement irréprochable, Shigeru Mizuki a poussé l’exercice à son paroxysme en allant jusqu’à utiliser la procédé traditionnel de l’ukiyo-e, gravant sur du bois ses 55 vues comme l’a fait Hiroshige 170 ans auparavant. L’esthétique des œuvres de Hiroshige est parfaitement respectée et l’exercice grandement réussi. Un beau livre qui devrait plaire aux amateurs de culture japonaise, de l’œuvre de Shigeru Mizuki, mais aussi plus  largement à tout amateur d’art !

Par Shigeru Mizuki et Utagawa Hiroshige. Cornélius, 112 p., 35,50 €.

3_REVERIES_couv

3 rêveries

Quand Marc-Antoine Mathieu publie quelque chose, il convient d’être attentif. D’abord parce que ses bandes dessinées (Otto l’homme réécrit, 3 secondes, Julius Corentin Acquefacques, Dieu en personne…) sont des trésors d’intelligence et d’inventivité. Ensuite parce que ses autres projets graphiques sont drôles (Le Livre des livres) ou philosophiques (S.E.N.S.) ou les deux. Enfin, parce que Marc-Antoine Mathieu ne prémâche pas le travail à son lecteur, ce dernier se devant d’être bien éveillé à ce qu’il a sous les yeux. Cette nouvelle production fait partie de cette catégorie : dans un coffret, on découvre une BD muette à déployer en leporello, un jeu de grandes illustrations formant une narration et un rouleau d’image à dérouler. L’objet est beau et mystérieux, son contenu l’est tout autant. Présenté comme « un poème graphique où se déploie le triptyque des créations humaines: le temps, le faire et la pensée », 3 rêveries est assez insondable et pourra laisser de marbre. Toutefois, face à l’audace du projet et à la fabrication très soignée, on a l’impression d’ouvrir un trésor. Et parcourir l’élégant leporello (80 faces) ou dérouler l’interminable rouleau (7,5 mètres !) qui image l’accès à la connaissance par l’humanité, même s’il on ne saisit pas tout, produit quelque chose de vertigineux. Encore une oeuvre hors norme d’un auteur unique.

Par Marc-Antoine Mathieu. Delcourt, 34,90 €.
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mythes-cthulhu-brecciaLes Mythes de Cthulhu

2019 sera « l’année Alberto Breccia » pour l’éditeur Rackham, qui va rééditer une large part de son oeuvre. Et 2018 a pris la forme d’une mise en bouche : avec la réédition du Cœur révélateur et autres histoires extraordinaires, en lice à Angoulême dans la catégorie Patrimoine, et un autre morceau de choix : l’adaptation des Mythes de Cthulhu de H.P. Lovecraft voit le jour en 1974. Une claque à l’époque. Moins pour le résultat, finalement assez lourd en termes de BD –  beaucoup de textes et des pages saturées – que pour la prestation formelle. Chaque page est en effet le miroir d’un travail acharné, méticuleux, un régal d’expérimentations graphiques. Avec un seul but, transcrire au plus près l’atmosphère oppressante des récits du maître de l’horreur. Pinceaux, collages, textures imprimées aiguisent ainsi les textures et les matières pour un rendu envoûtant. L’inquiétude n’a jamais été aussi palpable, d’autant que Breccia se réinvente à chaque histoire, passant du réalisme à l’abstrait toujours dans le souci de coller à l’esprit des textes d’origine. Un petit bijou, pour vous faire peur et vous fasciner.

Par Alberto Breccia. Rackham, 129 p., 22 €.

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100 films d’animation japonais

Comme son nom l’indique, cet ouvrage présente 100 longs métrages d’animation japonais incontournables. Ce sont les journalistes d’Animeland, magazine spécialisé dans le manga et l’animation depuis presque 30 ans, qui se sont penchés sur cette délicate sélection. S’il n’a évidemment pas été possible de mettre toutes les œuvres importantes, les films proposés montrent un choix juste et cohérent. On y retrouve évidemment de nombreux dessins animés du célèbre studio Ghibli, mais aussi bien d’autres. Car le but est évidemment d’ouvrir le genre au grand public en mettant en lumière la richesse et qualité de l’animation japonaise. Avec une présentation par ordre chronologique, les coauteurs évitent l’écueil d’un classement forcément factice et mettent ces 100 œuvres sur un pied d’égalité. Chaque long métrage est présenté sur une double page avec une petite fiche technique, un résumé, les points forts, ainsi que quelques anecdotes à son sujet. L’ouvrage est à conseiller en priorité aux néophytes prêts à découvrir tout un pan majeur de l’animation mondiale bien longtemps boudé. Quant aux amateur éclairés, l’ouvrage fournit des pistes de visionnage auxquelles rarement envisagées. Seul petit bémol, on aurait apprécié une indication d’âge minimal de visionnage pour rendre ce guide plus accessible aux familles.

Collectif sous la direction de Steve Naumann. Ynnis, 208 p., 29,90 €.

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San-Antonio

Sur commande de l’éditeur, François Boucq (Jérôme Moucherot, Bouncer…) avait dessiné la couverture de Napoléon Pommier, le dernier San-Antonio publié du vivant de son créateur, Frédéric Dard. Impressionné par le résultat, le fils, Patrice Dard, repreneur de la série de son père, a décidé de confier à Boucq le dessin de couverture de ses ouvrages. Mais aussi de toutes les rééditions des San-Antonio, soit environ 175 romans ! Aidé par un spécialiste qui lui concoctait des fiches de lecture (impossible de lire tous les bouquins en quelques mois, le programme des rééditions et des nouveautés étant infernal), Boucq a donc construit un univers puissant, de sa plume aiguisée et de son regard inspiré, toujours aux portes de l’absurde et du grotesque. Parfait pour mettre en scène le gros et moustachu Bérurier dans des postures improbables, répondant visuellement au style fleuri de Dard ! La collection Aire Libre/Champaka publie ce travail dans un livre au grand format carré, sous jaquette, très classieux, afin de profiter un maximum du dessin de Boucq, au fil de ses illustrations finales et même certaines qui n’ont pas été retenues. Réjouissant.

Par François Boucq et Frédéric Dard. Dupuis/Aire libre/Champaka, 200 p., 28,95 €.

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Japon ! Panorama de l’imaginaire japonais

Plutôt que de se concentrer uniquement sur le manga ou les animes japonais, Julie Proust Tanguy souhaite faire découvrir à ses lecteurs toute la profondeur de la culture japonaise, bien loin de la vision étriquée et stéréotypée qu’on nous en renvoie. Les pistes de développement sont nombreuses et la porte d’entrée qu’elle a choisie est celle de l’imaginaire. On passe par de nombreux thèmes pour creuser le sillon de ce vaste sujet : de l’art de raconter des histoires à la japonaise en passant par la pop culture pour arriver aux yakuzas, aux samouraïs, ou au rapport particulier qu’ont les Japonais vis-à-vis de l’espace et du temps… Alternant les multiples textes et approches, photos et illustrations, ce gros ouvrage de près de 500 pages est un plaisir à parcourir des yeux, d’une richesse étonnante, fruit d’une passion évidente, de nombreux voyages et d’un travail colossal. Une belle découverte.

Par Julie Proust Tanguy. Les Moutons électriques, 445 p., 39,90 €.

 

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