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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 14, 2019















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Cannabis – la criminalisation de la marijuana aux États-Unis

19 septembre 2019 |
SERIE
Cannabis
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
13/09/2019
EAN
2897770546
Achat :

Comment le cannabis, substance psychotrope douce, aux vertus thérapeutiques par ailleurs reconnues par la science, et consommée par les hommes depuis des temps immémoriaux, a-t-elle pu finir par se trouver mondialement proscrite au même titre que l’héroïne et les autres drogues dures ? Aux États-Unis, la consommation récréative de cannabis a été essentiellement introduite par les travailleurs immigrés mexicains. Sa criminalisation serait en fait une conséquence du racisme américain, et de l’exploitation de ce racisme à des fins électorales, notamment par un homme, Harry J. Anslinger, premier commissaire du bureau fédéral des stupéfiants dans les années 1930.

cannabis_image1Nous nous trouvons clairement ici en terrain politiquement balisé. Celui d’une gauche américaine résolument anti-raciste, à net penchant anarchiste. Pas facile pourtant de parvenir à formuler la thèse de Box Brown (TétrisAndré Le Géant) – en soit, d’un vrai potentiel historique – et il n’est pas rare, au cours des 248 pages de cet essai dessiné, qu’on se demande où il veut en venir (à part qu’il est contre la criminalisation du cannabis aux Etats-Unis, bien sûr). La faute à une écriture peu claire, allusive, qui parce qu’elle ne peut pas formuler clairement son argumentation, compte sur les exemples pour parler d’eux-mêmes et faire ainsi le travail de l’auteur. Le résultat est un catalogue désespérément répétitif de déclarations publiques dans la presse, et autres exemples de diabolisation de la plante tant aimée, à mourir d’ennui – la sécheresse de la ligne claire simplissime de Brown, comme de sa mise en scène ascétique, n’aidant pas.

Autre problème, et de taille : les sources et références. Certes, on nous rassure en quatrième de couverture quant aux « recherches exhaustives » auxquelles l’auteur s’est livré – et la lecture donne effectivement l’impression d’un travail de documentation sérieux (et terriblement ennuyeux à la lecture, donc). Seulement, il est impossible de le savoir avec certitude, car en violation de toutes les règles en vigueur (bande dessinée ou pas) Box Brown ne prend à aucun moment la peine de sourcer son travail. Pas même une petite note de méthodologie générale en fin d’ouvrage. En somme, on n’a plus qu’à le croire sur parole

Grosso modo, cet essai ressemble à un mémoire de master d’étudiant en histoire : fastidieux, trop pointu pour le grand public, foncièrement orienté politiquement (à tort ou à raison), mais sans la principale qualité d’un bon travail de recherche, qui est de s’insérer dans la littérature existante – et donc dans le débat – et d’en proposer une interprétation. À part pour servir de pioche à arguments pour de futurs repas de famille houleux (aux États-Unis), on ne voit vraiment pas ce qui pourrait motiver une telle lecture. C’est d’autant plus dommage que Box Brown a prouvé qu’il était capable de mieux.

Cannabis – la criminalisation de la marijuana aux États-Unis, ou les déboires d’une littérature qui, parce qu’elle est engagée, veut rallier sans se soucier de convaincre d’abord.

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