L’Homme-chevreuil : sept ans de vie sauvage
Le récit initial de Geoffroy Delorme, best-seller autobiographique paru après le confinement, trouve dans cette adaptation une nouvelle forme grâce au scénariste Vincent Zabus (L’Éveil, Mademoiselle Sophie…) et au dessinateur Jean-Denis Pendanx (Mister Mammoth, A fake story…). Dans celle-ci, on découvre Geoffroy enfant. Suite à une expérience traumatique à la piscine, il se coupe du monde des humains, vivant à leurs côtés sans plus vraiment les prendre en compte. Il quitte alors rapidement l’école pour poursuivre sa scolarité à domicile. À compter de cette désocialisation, il commence à explorer la forêt située à proximité de sa maison. Au fil de ses sorties, il s’y enfonce de plus en plus profondément, pendant des années… puis un jour, devenu adulte, il atteint le point de bascule, et décide de partir vivre en forêt. Une vie sauvage qui dura 7 années !
L’adaptation en bande dessinée resserre l’expérience extrême de Geoffroy sur l’essentiel : l’enrichissement patient d’un langage non humain, la difficulté de vivre en autarcie, la solitude choisie, l’incroyable lien qu’il tisse avec les chevreuils, puis, de manière plus large, une forme de fraternité inattendue avec le monde animal. Et le plus bouleversant est la rencontre avec un jeune chevreuil qui va changer sa trajectoire : il décide d’apprendre à vivre comme lui, à se nourrir de plantes et de racines, à se déplacer et se protéger selon les codes de l’animal, jusqu’à être progressivement toléré par ses congénères.
Plus qu’un simple récit d’aventure ou de survie, l’album interroge notre rapport à la nature et aux limites que l’on s’impose sans même y penser. Une expérience, jamais facile ou idyllique, et portée par une histoire singulière et sincère. Associé à un dessin réaliste qui donne toute sa texture aux forêts normandes sans jamais sembler artificiel, le voyage est tout aussi merveilleux que dépaysant.





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